Si je peins comme je peins c’est parce que je vis dans une identité de femme, que je suis sensible à la nature, que je perçois ce que pour d’autres peut paraître insignifiant. Peindre est aussi une manière de réfléchir sur le temps et le monde dans lequel je vis.

Dans la société occidentale, nature et culture sont souvent rapprochées, on ne parle pas de l’une sans l’autre. Les actions de l’homme s’orientent de plus en plus vers des offenses faites à la nature, captation, pollution, destruction. Elles perturbent profondément l’ordre naturel et le contrat implicite que nous avions avec elle. Il est désormais trop tard pour inverser l’ordre des choses.

Voilà pourquoi je m’efforce de saisir les émotions que suscite en moi toute forme de vie, fût-elle infime, peut-être pour exorciser les menaces, pour unir la matière, le mouvement aux formes rappelant ce que la nature a de plus vrai, de plus beau et de plus pur.